Né lors d’une réunion entre Pornic agglo Pays de Retz et le Réseau des énergies renouvelables locales et citoyennes en Pays de la Loire (RECIT), le collectif Retz de Soleil est porté par l’association Hirondelle, spécialisée dans l’éducation à la nature et au vivant.
« Davantage axée sur la protection des oiseaux et la sensibilisation aux atteintes causées par les déchets en mer et à terre, notre association Hirondelle s’est lancée dans l’aventure des énergies renouvelables en 2017 », explique Pauline Trouillard. Après un démarrage interrompu par l’épidémie de Covid-19, le collectif a travaillé sur un projet à Chaumes-en-Retz, en suspens à cause d’un défaut d’étanchéité constaté sur le toit du bâtiment. « Ce projet a permis néanmoins de faire connaître le collectif auprès des particuliers. À leur demande, nous avons développé des commandes groupées de kits photovoltaïques en autoproduction, qui ont rencontré un beau succès », précise Pauline Trouillard.
Entreprise sociale pour l’habitat (ESH), La Nantaise d’Habitations a proposé à Retz de Soleil de développer un projet photovoltaïque citoyen sur la toiture d’un petit immeuble de logements sociaux, dont le chantier vient de démarrer à la Corbinière (Pornic). « Nous avons signé un bail locatif avec La Nantaise d’Habitations pour pouvoir installer des panneaux photovoltaïques sur la toiture de l’immeuble. Après rédaction d’un mémoire technique, nous lançons une levée de fonds pour financer 30 % de l’installation », poursuit Pauline Trouillard.
En tant qu’adhérent de Cowatt, qui regroupe des collectifs citoyens producteurs d’énergies renouvelables en Pays de la Loire, Retz de Soleil bénéficie d’outils mutualisés : modèles de baux, accompagnement technique, juridique et administratif. « La rentabilité de notre projet a été validée en commission de pilotage par les membres des autres collectifs et c’est Cowatt qui héberge notre levée de fonds de 8 000 €. On ne se lance pas dans l’inconnu », assure Pauline Trouillard. En attendant d’éventuels débouchés en Auto-consommation collective (ACC)– qui seront mis en œuvre à horizon 2030 – l’électricité produite à la Corbinière sera entièrement revendue à EDF Obligation d’Achat et injectée dans le réseau public.
« Nos projets photovoltaïques citoyens peuvent aussi prendre ancrage sur des friches industrielles ou d’anciennes décharges, mais pas sur des terres agricoles, ni sur des terrains nécessitant d’abattre des arbres », souligne Pauline Trouillard.
Toujours en quête de toitures de bâtiments (entreprises, collectivités et associations) exposées au sud, et dont la charpente en bon état est capable de supporter le poids des panneaux, le collectif veut aussi mettre l’accent sur la sobriété énergétique. « Plus il existe de sources d’énergie et plus nous imaginons pouvoir en consommer sans limite. Mais trop d’énergies fossiles sont utilisées et elles ne sont pas renouvelables. Qu’allons-nous laisser à nos enfants ? », s’interroge Pauline Trouillard, convaincue que la meilleure énergie est bien celle que l’on ne consomme pas.